Ray Charles

Ray Charles Robinson né le 23 Septembre 1930 est l’un des plus grands Crooners de l’histoire car il avait le pouvoir de transcender les succès populaires existants en les faisant entrer, définitivement, dans les bars des grands palaces du monde entier !

Bon nombre de véritables succès éternels ne sont autres que des chansons “pop”, immortalisées par Ray Charles. Qu’il interprète du jazz, du rhythm’n’blues, de la country, de la variété ou de la soul, Ray Charles est immédiatement reconnaissable. Une chanson des Beatles reprise par Ray et sa grande formation est à jamais canonisée, admise au panthéon de grande variété internationale. De “I Can’t stop Loving You” à “Yesterday », tout ce que touche Ray Charles devient de l’or !

Ray CHARLES, le “Genius of soul”, est un merveilleux pianiste-compositeur-arrangeur-interprète.

Pour sa seule interprétation de « Georgia », il reste et restera le roi des “Soul-Crooners”. Ce titre, comme tout bon grand succès « Crooner », est une reprise d’une chanson des années 30 signée Hoagy Carmichael. Avec son talent, Ray Charles s’est définitivement approprié la chanson, tout comme Sinatra s’est approprié, quelques années plus tard, le célèbre « New York New York ».

Ray Charles est né le 23 septembre 1932 en Géorgie. Dès sa naissance, il était programmé pour envelopper nos soirées d’un voile pourpre et doré ! Sa cécité précoce, (dès l’âge de 6 ans) le contraindra à redécouvrir le monde de manière auditive.

Dans sa vie d’artiste, le statut d’aveugle de Ray Charles, étonnamment, ne le pénalisera pas, bien au contraire. Comme il le raconte dans ses mémoires (« Le Blues dans la peau » 1978), sa condition d’aveugle, à une époque où la ségrégation règne en Amérique, lui donnera, aux yeux du public blanc, l’image d’un brave type inoffensif. Pour être plus précis, sa cécité rassurait les mâles blancs qui amenaient leurs femmes ou leurs petites amies admirer le « Genius » noir de la soul !

Son hyper sensibilité d’aveugle lui fera découvrir un monde nouveau, dans lequel l’écoute est absolue. A dix ans, il connaît déjà le braille, le saxophone et le piano, capable de savoir si le troisième saxophone d’un orchestre est un homme ou une femme à la simple écoute. Profondément influencé par Nat King Cole qu’il écoute à la radio, il montera lui aussi un trio, pour se produire sur scène dès 1947. Ses premiers succès seront réservés à un public noir, amateur de gospel et de blues.

« Nat King Cole était quelqu’un que j’admirais, j’ai tout fait pour l’imiter. Je m’endormais avec ses disques et je le fais encore, parfois. Je voulais interpréter ses chansons comme il le faisait au piano, et je l’ai fait ! J’ai aussi beaucoup écouté Sinatra quand j’étais gosse, car j’ai beaucoup écouté la radio après la perte de mes yeux : il chantait à l’époque avec l’orchestre de Tommy Dorsey dans une émission en direct, c’était déjà un vrai chanteur : il pouvait tout interpréter et tout était sublime ! » (Ray Charles)

Ray Charles enregistrera son premier succès à 22 ans, « I Got a woman », dans le studio déjà partiellement occupé d’une station de radio ! Son orchestre et lui devaient s’arrêter toutes les demi-heures, quand passaient les publicités ! Dès le début des années 50, il sera l’un des premiers artistes de la firme « Atlantic » qui deviendra, par la suite, une prestigieuse maison de disques. Son premier 45 tours pour Atlantic sera réalisé avec des musiciens de jazz provenant, entre autres, du grand Orchestre de Count Basie. Son succès planétaire « What I say » sera enregistré en 1959 avec son fameux groupe vocal « les Raellets » ! Un titre qui était en fait une improvisation totale, faite sur scène, à l’occasion d’un ultime rappel. C’est peut-être pour cela que la chanson n’a pas de refrain !

La période musicale qui a permis à Ray CHARLES d’entrer au Panthéon des grands Crooners est celle de ses enregistrements “country” (mais oui !) pour la firme ABC. La formule est simple : un grand orchestre composé d’une section de violons, des succès pour l’Amérique profonde et de la voix magique du Genius !

En 1962, contre toute attente, Ray Charles sort un album intitulé “Modern Sounds in country and Western music” : il devient ainsi le premier noir à chanter les succès les plus “blancs” d’Amérique ! Des ballades “country-crooner” telles que “I can’t stop loving you” deviennent des tubes énormes ! Plus tard il renouvellera l’opération en enregistrant les succès des Beatles tels que “Yerterday” ou “Eleanor Rigby”…

« Après mon second album country en 1962, j’ai continué d’enregistrer les classiques et chansons populaires que j’aimais en utilisant un grand orchestre avec arrangements pour cordes et chœurs, c’était ça qui me faisait le plus plaisir… » (Ray Charles – mémoires – 1978)

Et Ray Charles chantait… « Georgia »

En 1960, Ray Charles est au sommet de sa gloire, il change de maison de disques et se paie le luxe d’enregistrer des chansons avec de très grandes formations, avec section de cordes : il va alors exhumer une vieille chanson des années trente, composée par Hoagy Carmichael, pour en faire une splendide version, luxueuse, pour que tendre soit la nuit ! Toutes les chansons de Ray Charles, en grande formation, inspirent une idée de luxueuse quiétude, à mettre absolument le soir, en revenant d’un dîner, pour un dernier verre, dans un loft avec vue sur la tour Eiffel, Big Ben ou Central Park !

Le génie de ces enregistrements est de sublimer ces ballades populaires, par une grande voix de la « soul » dans une interprétation totalement spécifique. L’originalité vient, entre autres, de la manière qu’a Ray Charles d’être presque en dehors de la mesure, sans jamais en sortir, alors que la plupart des voix blanches sont absolument « carrées » ! (Précisons qu’en terme de métier, quand un musicien dit d’un autre qu’il est « square » cela signifie qu’il joue ou chante trop « carré », bref qu’il est ringard !).

Ray CHARLES et Jean-Pierre GROSZ : un ami Français qui lui voulait du bien.

Ces dernières années Ray Charles avait pour principale activité d’enregistrer de nouveaux albums et de parcourir de monde, pour faire des concerts ou recevoir les divers hommages que les pays lui rendaient. Le témoin de ses dernières années, est un Français nommé Jean-Pierre GROSZ. Amoureux de Ray CHARLES depuis des années, ce dernier est devenu son ami et son représentant personnel pour la France, puis pour l’Europe et le monde entier. Véritable gardien du temple, Jean-Pierre doit aujourd’hui veiller sur la mémoire et le patrimoine, incommensurable de Ray.

Pour l’anecdote, ce patrimoine musical est méticuleusement stocké dans les coffres anti-feu du « Ray Charles Building » construit dans la Ray Charles Street, située sur le Washington Boulevard à Los Angeles. Dans ce petit immeuble de trois étages, sans fenêtres, sont précieusement entreposés quelques-uns des joyaux de la musique populaire mondiale du siècle dernier.

Et Ray Charles chantait… « Precious thing »

« Precious thing » est l’un des derniers grands succès commerciaux de Ray Charles. Ce duo avec Dee Dee Bridgewater, enregistré en 1989, est une initiative de Jean-Pierre GROSZ, l’ami et manager Français de Ray Charles. La musique est signée Pierre PAPADIAMANTIS et les paroles Ronnie BIRD.

Tous les bénéfices des Ray Charles Enterprises vont à la fondation Ray Charles pour les enfants sourds (la cécité n’étant pas un handicap pour Ray Charles, il avait préféré aider les gens atteints de surdité, ce qui constituait un véritable drame pour un homme ayant voué sa vie à la musique).

Les ultimes enregistrements de Ray Charles sont un album de duos réalisé en studio et un album live. Pour diverses raisons ils resteront exceptionnels tous les deux.

L’album de duos : rassemble des artistes prestigieux et variés tels que Nora JONES, Willie NELSON, Elton JOHN, Gladys KNIGHT…Cet enregistrement a été réalisé en 2004, alors que Ray Charles souffrait de son cancer du foie. Sa voix s’en ressent mais l’émotion y est décuplée (Album « Duets » de Ray Charles Concord records).

L’album live a été enregistré à Melbourne, lors de la tournée Australienne de Ray Charles en février 2003. Comme à ses débuts, Ray Charles y joue en quartette, avec un musicien supplémentaire que le « Genius » avait découvert en France : l’organiste Jean Michel Bernard. Dans ce live exceptionnel, réalisé devant 18 000 personnes, Ray Charles ne savait pas qu’il était enregistré. Il s’amuse avec l’organiste Jean-Michel Bernard jusqu’à la fin ! Pour l’anecdote, c’est pendant le chemin fait entre la loge et la scène, que Jean-Pierre Grosz a signé l’autorisation d’enregistrer ce concert, au bénéfice de la radio Australienne, sauvant ainsi le dernier grand moment de l’artiste.
(« Ray Charles live in Melbourne » concord records).

Le CD à écouter : “25th anniversary in show Business Salute to Ray Charles” Coffret

(En attendant la sortie d’un incroyable coffret regroupant l’intégralité de son œuvre et de sa vie, dont la réalisation a demandé plus d’un an de travail).

Discographie

1957 : Ray Charles (ou Hallelujah I Love Her So)
1957 : The Great Ray Charles
1958 : Yes Indeed!
1958 : Soul Brothers (avec Milt Jackson)
1959 : The Genius of Ray Charles
1959 : What’d I Say
1960 : The Genius Hits the Road
1961 : Dedicated to You
1961 : Ray Charles and Betty Carter
1961 : Soul Meeting (avec Milt Jackson)
1961 : Do the Twist With Ray Charles
1961 : The Genius After Hours
1961 : The Genius Sings the Blues
1961 : The Genius of Ray Charles
1961 : Ray Charles and Betty Carter
1961 : Genius + Soul = Jazz
1962 : Modern Sounds in Country and Western Music
1962 : Modern Sounds in Country and Western Music : Volume 2
1962 : Spotlight On
1963 : Ingredients in a Recipe for Soul
1964 : Sweet & Sour Tears
1964 : Have a Smile With Me
1965 : Country & Western Meets Rhythm & Blues
1966 : Crying Time
1966 : Ray’s Moods
1967 : Invites You to Listen
1967 : A Man and His Soul
1968 : A Portrait Of Ray
1969 : Doing His Thing
1969 : I’m All Yours Baby
1970 : My Kind Of Jazz
1971 : Volcanic Action Of My Soul
1972 : Through The Eyes Of Love
1972 : A Message From The People
1974 : Come Live With Me
1975 : Renaissance
1976 : Porgy And Bess
1977 : True To Life
1978 : Love & Peace
1979 : Georgia on My Mind
1980 : Brother Ray Is At It Again
1980 : The Blues Brothers
1982 : Wish You Were Here Tonight
1984 : Friendship
1984 : Do I Ever Cross Your Mind
1985 : The Spirit Of Christmas
1986 : From The Pages Of My Mind
1987 : His Greatest Hits
1989 : Anthology
1990 : Would You Believe ?
1993 : My World
1993 : Hey Now !
1994 : The Very Best Of Ray Charles
1996 : Strong Love Affair
1999 : Ultimate Hits Collection
2000 : Ray Charles : The very best of (Compilation)
2001 : The Definitive
2002 : Thanks For Bringing Love Around Again
2003 : Singin’ the Blues with Soul
2004 : Genius Loves Company

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