Jean Sablon

Jean Sablon est un auteur compositeur et interprète Français. Il est né le 25 mars 1906 à Nogent Sur Marne.

Issus d’une famille de musicien avec un père compositeur et chef d’orchestre, des frères musiciens il est bercé depuis son plus jeune âge par la musique.

Elève au Lycée Charlemagne à Paris, Jean Sablon quitte l’école pour le Conservatoire de Paris.

Arrivé trop tard pour l’inscription il se concentre sur sa carrière de chanteur. Il débute à l’âge de 17 ans dans l’opérette de Paris. En 1923 il partagera la scène avec Jean Gabin dans la Dame en Décolleté puis en 1925 avec Charles Boyer et Falconetti dans Simili. On le retrouve en 1927 dans la revue de Rip Au temps des Gastounets.

En 1931, il est à la scène le partenaire de Mistinguett. La même année il est mis en contact avec Jean Nohain et Mireille, qui composent « Un mois de vacances » disque qui serait aujourd’hui considéré comme un « album-concept » : cette suite de morceaux frais et détendus, influencés par l’élégance des rythmes américains, annonce à sa manière de renouveau de la chanson française, grâce aux talents d’interprètes de Sablon, Mireille et du duo Pills et Tabet.

Jean Sablon trouve en la personne de Mireille, pianiste et compositrice, une accompagnatrice idéale : en 1932, le duo remporte un grand succès avec la chanson « couché dans le foin » écrit par Jean Nohain.

En 1930 il apparaît dans le film Chacun sa chance ou apparaît également Jean Gabin : mais peu convaincu par son interprétation il décide de renoncer à toute ambition d’acteur, même dans les comédies musicales, et se consacre uniquement à la chanson.

En 1933, il part en vacances aux Etats-Unis, Jean Sablon découvre avec intérêt les progrès de la technique en matière de diffusion du son. Jean Salon souhaite tester de nouveaux styles de chant, il importe en France la modernité Outre Atlantique en étant l’un des premiers chanteurs français à utiliser un micro sur scène, dans le monde artistiques la modernité n’est pas appréciée.

Cela n’entame en rien sa carrière, car il continuera de se produire dans de nombreux cabarets. Il importera un style swing qui lui convient à merveille. Dès le début des années 1930 « Mister-swing » comme le surnomme la presse. Il collabore avec des musiciens de jazz, comme Gaston Lapeyronie et son jazz Orchestra, avec qui il enregistre plusieurs titres comme « Un cocktail » ou « J’aime les fleurs ».

Ce n’est pas une passade pour Jean Sablon, qui se fait régulièrement accompagner par des Jazzmen comme Django Reinhardt avec qui il est le premier chanteur à avoir enregistré des titres ou encore Stéphane Grappelli.

Conquis par le talent de Reinhardt, Sablon lui donne de sérieux coups de pouce et lui assure ses engagements dans plusieurs cabarets.

Jean Sablon est considéré comme le premier crooner de l’histoire de la chanson française. En 1937, il remporte le Grand Prix du Disque avec la chanson « Vous qui passez sans me voir », écrite par Charles Trenet et Johnny Hess.

Le succès de Jean Sablon lui permet de s’exporter outre Atlantique, le public américain lui fait un très bon accueil. Séjournant à Hollywood, Sablon y côtoie les plus grandes vedettes. L’Amérique du Sud aussi ouvre ses bras au chanteur français, qui se trouve en tournée au Brésil quand la France est envahie par l’Allemagne nazie. Il se met en cheville avec Ray Ventura et sa troupe, continuant ses tournées sur le continent américain, qu’il parcourt du nord au sud ; Son succès américain ne dément pas, le New York Times n’hésitant pas à le comparer à la gloire nationale de Frank Sinatra. Toujours attentif aux évolutions de la technique, il participe à New York aux premiers essais de la télévision.

Après la guerre, il retourne en France, Jean Sablon s’y relance avec le titre « Clopin-Clopant » qui devient également un tube aux Etats-Unis, sous le titre de « Comme-ci, comme-ça ».

Le charmeur à la fine moustache, continue sa carrière de vedette internationale, faisant figure d’ambassadeur de la chanson française à travers le monde.

En 1964 il se paie le luxe d’un nouveau hit-parade avec la chanson « Syracuse » conçu par Henri Salvador et Bernard Dimey.

Mais la gloire de Jean Sablon est davantage internationale que française : c’est à New York au Lincoln Center qu’il fête ses 75 ans en 1981, et à Rio de Janeiro qu’il fait ses adieux à la scène deux ans plus tard.

Il meurt le 24 février 1994 dans le sud de la France à Antibes.