Jean Baptiste Tuzet
Journaliste-animateur-producteur radio/tv
Depuis quelques années déjà, les amateurs avisés savaient qu’il était possible de trouver facilement les plus belles voitures de luxe anglaises a des prix défiant toute concurrence. Aujourd’hui, avec le succès croissant de la « belle ancienne qu’on sort le dimanche », une population essentiellement jeune est en train de refaire remonter les prix des rolls-royce, jaguar et autres Bentley des années 70-80 qui n’étaient ni assez anciennes, ni assez récentes pour êtres véritablement estimées…
«Il y a cinq ans, je roulais en Porsche mais avec les limitations de vitesse et les amendes que je recevais en rafale, j’ai du vendre mon bolide, que j’utilisais souvent en solo, et ainsi, j’ai dis adieu à la performance. Aujourd’hui, pour un budget deux fois moins élevé, j’ai acheté une magnifique Daimler des années 80, avec intérieur cuir et tableau de bord en ronce de noyer, dans laquelle j’amène toute ma famille pour partir en week-end…on roule désormais à 130, ensemble dans un intérieur luxueux et c’est vraiment très sympa !»
Antoine F. amateur de belles automobiles.
Comme le confie ce passionné que j’ai eu le plaisir de rencontrer chez « Jacky British autos », un magnifique garage au look années 50, bien connu des « happy few » : rien ne sert de rouler vite, il faut rouler élégant !
L’analyse de cet amateur est claire : « A quoi bon avoir des voitures rapides si on ne peut pas dépasser les 130 km/h ». La suite de son raisonnement est facile à deviner : puisqu’on ne peut pas rouler vite alors roulons bien, roulons luxe. C’est ainsi que le réflexe de se tourner vers le spacieux et le luxueux était tendant, d’autant plus que les « ex voitures de riches », souvent en très bon état, peu kilométrées et surtout récentes, son souvent bradées.
Maître Poulain, grand spécialiste automobile à coutume de dire : « L’automobile, la belle automobile est une œuvre d’art qui se meut ! » et il ajoute « L’art automobile, c’est la combinaison subtile d’une technologie de motorisation, du raffinement d’un intérieur, avec ses cuirs et ses boiseries, et d’un désign de carrosserie, donnant ainsi un véritable objet d’art, nous permettant, qui plus est, de vivre avec et de voyager… »
C’est exactement la définition que l’on pourrait faire du luxe automobile anglais.
« Depuis une quarantaine d’années, la grande bourgeoisie se débarrasse, à intervalles réguliers de ses magnifiques automobiles anglaises (jaguar, Daimler, Rolls, Bentley), pour s’empresser d’acheter le dernier modèle de la série, abandonnant ainsi chez le concessionnaire, des voitures encore récentes, excellemment entretenues (le luxe souffre rarement d’un mauvais entretien) que nous, les marchands, nous empressons de racheter, pour les réviser et les proposer à nos clients amateurs d’un beau qui a déjà vécu… »
Jean-Yvon Gilles (responsable du garage « Jacky British » auto) à Courbevoie.
C’est ainsi, suivant le témoignage de M. Gilles, qu’il faut comprendre la nuance entre l’ancien et le démodé. Alors que les très riches se sentent obligés de brader leur limousine pour s’empresser d’acheter le nouveau modèle - au risque de faire pauvre –les amateurs, eux, savent qu’une voiture de luxe, surtout si elle est anglaise, ne se démode jamais.
« Pour 5000 euros, j’ai osé acheter une Daimler, avec toit ouvrant, chromes, intérieur cuir, boiseries et système hi-fi. Elle date de 1989 et consomme 12 l au cent. Contrairement aux idées reçues, son moteur de 4litres de cylindrée est extrêmement fiable. La seule chose qu’on peut lui reprocher ce sont ses phares carrés, légèrement démodés »
Jacques P (amateur fraichement converti).
Comme le précise Jacques, il faut « oser » acheter une automobile Anglaise de luxe dans un pays ou elles étaient réputées peu fiables (fruit d’une rivalité ancestrale entre la Gaule et la perfide Albion !).
Depuis le milieu des années 80, tous les amateurs savent que la technologie Anglaise n’a rien à envier a celle des Allemands (et pour cause : ces derniers ont, fut un temps, pris en main la marque Jaguar !).
Le grand public, lui, continue de vivre dans cette crainte avec, en plus, celle d’entrer dans le luxe (le paraître étant banni dans notre beau pays). La porte était donc ouverte, ces dernières années à une population d’amateurs avisés, qui se sont empressés d’acheter ces belles dames anglaises, encore sexy et anciennement mariées à leurs riches propriétaires….
« Pour 25 000 euros, on peut même accéder au rêve absolu : celui de la Rolls et la Bentley, c'est-à-dire pour le prix d’une voiture Française de série. Pour 13 000 euros vous pouvez avoir une magnifique jaguar de prestige, fiable et dans un état parfait. Pour les moins riches, avec 5000 euros, on peut repartir au volant d’une splendide Daimler des années 90 »
Frédéric (attaché parlementaire fan de belles anglaises)
Bien souvent, votre serviteur, auteur de cet entrefilet, va musarder dans les garages spécialisés. Son plaisir favori étant d’aller s’asseoir dans l’intérieur cossu de ces belles anglaises pour respirer l’odeur de leurs boiseries et de leur cuir. C’est ainsi que souvent naît une véritable histoire d’amour entre l’acheteur et l’automobile. Essayez le au moins une fois et vous comprendrez que pour certains, il n’est définitivement plus possible, quels que soient leurs moyens de retomber dans la voiture utile achetée neuve…
« Depuis quelques années, j’habite à Neuilly sur Seine, dans un quartier ou l’on voit passer beaucoup de belles Anglaises. Depuis que j’ai acheté une jaquar V12 des années 80, avec ses deux bouchons de réservoir chromés sur son arrière fuselé, beaucoup de bourgeois viennent me dire avec nostalgie « Vous savez Monsieur, j’avais la même il y a quelques années et j’ai fait l’erreur de la vendre… »
Jérôme B. collectionneur récemment converti aux anglaises.
Vous l’aurez compris, lecteur avisé, si vous ne l’avez déjà fait (peut-être qu’au début de votre carrière vous n’aviez pas encore les moyens) il vous faut vite vous plonger dans le luxe anglais des années 70-80 (avant c’est pas assez fiable et après c’est très cher et moins charismatique !).
Même votre serviteur, modeste journaliste, a franchit le pas en s’offrant une magnifique Daimler « Double six » (bleu nuit) achetée 8000 euros. Un seul problème pour ce modèle (l’un des plus luxueux de la marque) : la complexité du moteur (deux moteurs de 6 cylindres sous le même capot, et la forte consommation (indécente, sauf si vous la comparez à un 4x4). Donc à n’utiliser que pour aller à la campagne le week-end (pas trop loin, pour ne pas se ruiner en essence). Une manière, celle du collectionneur, d’être écologique : n’utiliser sa voiture que le week-end et prendre les transports en commun !
In finé, et pour donner un conseil à ceux qui seraient par l’odeur du cuir connoly alléchés : si vous avez un petit budget, cherchez une Daimler X40 4 litres entre 1988 et 1993 (vendues entre 4000 et 12 000 euros). Si vous êtes plus riches prenez toujours une Daimler (La Daimler étant une jaguar avec toutes les options) XJ 300 , entre 1995 et 2000, (vendues entre 9000 et 20 000 euros). Si vous êtes encore plus riches prenez une Rolls « silver shadow » fin 70, début 80 (entre 15 000 et 30 000 euros) ou encore une Bentley « eight » à injection (entre 1985 et 1990, pour un prix oscillant entre 20 000 et 35 000 euros). Pour toutes ces autos, un conseil : hormis l’état qui doit être irréprochable du véhicule (intérieur, extérieur, moteur), veillez à prendre des couleurs nobles (Bleu marine, gris anthracite…) pour l’extérieur et des couleurs classiques pour les cuirs (bleu, magnolia, beige…). Les couleurs trop 70’s sont démodées…JB TUZET :
Animateur et production à la radio (France inter, France Musique et France Bleu) et à la télévision (France 3 – Paris Première), Jean-Baptiste TUZET est un spécialiste de la grande variété internationale de luxe : celle qui émaille son livre « CROONERS » , son émission de télé « CABARET CROONER » (Paris Première) et ses nombreuses émissions de radio.
Son amour pour les belles automobiles anglaises va de paire avec son amour pour le luxe musical, celui d’une voix magnifique sur un tapis de cordes…l’un allant parfaitement avec l’autre. Même s’il n’est pas propriétaire de toutes ces autos qui le font rêver, Jean-Baptiste à la chance d’avoir beaucoup d’amis qui l’ont immergé dans ce sympathique milieu et c’est avec cœur et conviction qu’il nous le fait partager aujourd’hui. Merci à lui et longue vie à ses émissions.